23.11.2009

Que faire après l'ENA ?

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Parmi les reproches qui reviennent souvent dans les rapports de jury du troisième concours se trouve celui relatif au projet professionnel du candidat : quand on l'interroge au cours de l'entretien d'admission sur la teneur exacte de son projet d'énarque potentiel, celui-ci reste souvent évasif, ou se limite à préciser qu'il veut changer d'orientation, de vie, de travail, sans être capable d'expliquer en détail ce qui l'attire dans les métiers que permet d'exercer l'ENA.

L'explication d'un tel constat est simple : comme il s'agit d'un écueil très facilement dépassable, il est pour cela trop souvent méprisé. Certains craignent peut être aussi d'anticiper sur une issue trop optimiste du concours d'entrée. Pour ma part, j'ai un fonctionnement psychologique personnel qui me pousse au contraire à me projeter dans ce genre de problématique afin d'y trouver une motivation supplémentaire. Le risque, c'est d'être encore plus déçu en cas d'échec, mais il est de toute manière conseillé de garder la tête froide à ce sujet lorsqu'on s'attaque à un tel concours. D'où le titre de ce blog d'ailleurs, qui pour cette raison ne s'est jamais appelé "la joyeuse glissade ludique vers l'ENA".

Donc, voici une présentation sommaire des métiers qui s'offrent aux titulaires d'un diplôme de l'ENA. Je me suis inspiré pour ce faire du site de l'ENA, qui propose ici le détail de ce que vous trouverez ci-dessous.

 

LES METIERS

Il est possible de regrouper les métiers et carrières offerts à la sortie de l'ENA sous 11 catégories différentes :

  1. Administrateur civil dans un ministère.
  2. Administrateur de la ville de Paris.
  3. Inspecteur adjoint à l'Inspection générale des Finances (IGF). 
  4. Inspecteur adjoint à l'Inspection générale de l'administration (IGA). 
  5. Inspecteur adjoint à l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS). 
  6. Auditeur au Conseil d'Etat. 
  7. Conseiller de Tribunal administratif et de Cour administrative d'appel. 
  8. Auditeur à la Cour des Comptes. 
  9. Conseiller de Chambre régionale des comptes. 
  10. Directeur de cabinet du Préfet ou Sous-préfet d'arrondissement.

  11. Conseiller au ministère des Affaires étrangères.

1) Administrateur civil dans un ministère. Le corps des administrateurs civils est un corps interministériel. Il représente la majorité des postes offerts à la sortie de l'ENA dans les ministères de l'Economie, des finances et de l'industrie ; de l'Education nationale de l'enseignement supérieur et de la recherche ; de l'intérieur et de l'aménagement du territoire ; de l'emploi, de la cohésion sociale et du logement ; de la santé et des solidarités ; de la justice ; de la défense ; des transports, de l'équipement, du tourisme et de la mer ; de la culture et de la communication ; ainsi qu'au secrétariat général du gouvernement.

Fonctions et missions : concevoir, mettre en oeuvre, et évaluer les politiques publiques dans les différents ministères et les établissements publics administratifs. Animer des équipes, assurer la cohérence des actions, assurer des fonctions de représentation.

2) Administrateur de la ville de Paris. Ce corps constitue le corps d'encadrement de la Ville de Paris.

Mission : mettre en oeuvre les décisions municipales, préparer les projets de textes et d'instructions. Occasionnellement, coordonner des travaux et diriger le personnel.

3) Inspecteur adjoint à l'Inspection générale des Finances (IGF). (pas de précision apportée sur le site)

4) Inspecteur adjoint à l'Inspection générale de l'administration (IGA). L’Inspection générale de l’administration exerce « une mission générale de contrôle, d’audit, d’étude et de conseil à l’égard des services centraux et déconcentrés du ministère de l’intérieur ». Ce contrôle s’étend « à tous les personnels, services, établissements, institutions et organismes sur lesquels les préfets exercent leur contrôle ». L’Inspection générale de l’administration assure également des missions d’évaluation des politiques publiques, de formation et de coopération internationale.

Fonctions et missions : dès son arrivée l’inspecteur adjoint participe à l’ensemble des activités du service et plus spécialement :

- aux missions de contrôle, d’audit, d’évaluation et d’appui aux politiques publiques ;

- à des groupes de travail pouvant avoir un caractère permanent et résultant de la mise en œuvre de préconisations faites dans les rapports de l’IGA ;

- à des commissions, en tant que rapporteur : comité interministériel d’audit des programmes de la LOLF, commission supérieure des jeux, commission d’accès aux documents administratifs, commission des marchés publics de l’Etat, commission interministérielle de coordination des fonds structurels européens...

Le mode de travail le plus fréquent pour un inspecteur adjoint est la mission d’équipe dirigée par un inspecteur général rassemblant sur un sujet donné des compétences variées et complémentaires.

Les missions menées par l’IGA sont très variées. Si une bonne part des travaux se déroule en région parisienne, les déplacements en métropole, outre-mer et à l’étranger peuvent constituer une part importante d’une mission.

5) Inspecteur adjoint à l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS). L'inspection générale des affaires sociales (IGAS) créée en 1967 est la plus jeune des trois inspections générales interministérielles. Aux missions traditionnelles de contrôle s'ajoutent des missions d'audit, d'enquête et d'appui et d'évaluation des politiques publiques, missions internationales (missions d’administration comparée...).

Fonctions et missions :  contrôler le fonctionnement des organismes relevant des administrations sociales de l'Etat, évaluer les politiques publiques du champ social, telles la santé, l’emploi, la protection sociale, la formation professionnelle, la politique de la ville…. Les inspecteurs s'efforcent, dans le cadre de contrôle, d'enquêtes ou d'évaluation d'éclairer le Gouvernement sur la régularité et l'efficacité de la gestion publique et de proposerdiverses améliorations de la qualité de l'action des services.

6) Auditeur au Conseil d'Etat. Fonctions et missions : Les auditeurs de 2ème classe au Conseil d’Etat se voient confier des fonctions de rapporteurs au sein de la section du contentieux. Ils participent aux séances d’instruction et de jugement et rédigent, pour chaque dossier, une note et un projet de décision. Le nombre de dossiers à traiter est d’environ 80 par an.

Les auditeurs peuvent se voir confier des missions d’études ou des fonctions de rapporteurs auprès de différents organismes ou administrations. 

Pendant 2 ans les nouveaux auditeurs sont affectés dans une juridiction administrative spécialisée, comme par exemple la commission centrale d’aide sociale. Au bout de 3 ans, en qualité de rapporteur, ils examinent les projets de loi et de décrets soumis pour avis par le Gouvernement. Ils sont chargés d’identifier les difficultés juridiques qui sont susceptibles de se poser, de proposer une rédaction du projet et de le défendre devant la section administrative ou l’assemblée générale du Conseil d’Etat. Ils peuvent être nommés, le cas échéant, dans les fonctions de secrétaire général adjoint, chargé de la gestion du Conseil d’Etat, ou de commissaire du gouvernement. 

7) Conseiller de Tribunal administratif et de Cour administrative d'appel.

Fonctions et missions : les conseillers de tribunal administratif et de cour administrative d’appel traitent des litiges qui peuvent naître entre l’administration et les administrés. Ils sont appelés à exercer les fonctions suivantes en région parisienne et en province.

- soit conseiller-rapporteur : il instruit en totalité l’affaire, rédige le jugement, expose aux membres du tribunal les circonstances de fait et de droit ;

- soit commissaire du Gouvernement : il fait connaître au tribunal, en toute indépendance, son sentiment sur le sens de la décision à prendre et sur l’interprétation à donner à la règle de droit.

Les conseillers de tribunal administratif et de cour administrative d’appel peuvent être appelés à rendre leur avis sur les questions qui leur sont soumises par les préfets des départements du ressort du tribunal et à assurer des missions déterminées. Ils président ou participent à de nombreuses commissions administratives (commission départementale des impôts directs, de recensement de scrutins électoraux…).

8) Auditeur à la Cour des Comptes.

Fonctions et missions : la mission centrale de la Cour des comptes est d’assurer la transparence de l’emploi des deniers publics, en éclairant le Parlement, le Gouvernement et les citoyens.

Les auditeurs ont à connaître des différents types de contrôles qui font la spécificité de la Cour des comptes : contrôle de la gestion, contrôle des entreprises publiques, contrôle juridictionnel.

A sa nomination, chaque auditeur se voit désigner un mentor qui lui apporte son expérience pour mener à bien ses premiers contrôles. Dans l'exercice de sa mission de contrôle, il dispose d'une large autonomie tant au cours de l'instruction que pour la rédaction de son rapport de conclusions. Le travail est organisé en application des principes de collégialité et de contradiction, pour permettre d'écarter les erreurs de droit, de fait ou d'appréciation dans les documents que la Cour des comptes transmet aux autorités compétentes.

Aux côtés des fonctions de rapporteur, les magistrats ont la possibilité, au cours de leur carrière, d'exercer des fonctions d'avocat général au sein du Parquet près la Cour des comptes ou des fonctions de gestion au sein du secrétariat général de la Cour.

9) Conseiller de Chambre régionale des comptes.

Fonctions et missions : les conseillers de chambre régionale des comptes participent au jugement des comptes des communes, des départements et des régions et de leurs établissements publics locaux. Ils examinent la gestion de ces collectivités et établissements ainsi que celle des sociétés d’économie mixte et des organismes bénéficiant d’apports financiers des collectivités et établissements publics entrant dans leur champ de compétence. Ils participent au contrôle des actes budgétaires des collectivités et établissements publics locaux.

Au cours de leur carrière, les magistrats peuvent être amenés à exercer, au sein du Ministère public, les fonctions de Commissaire du gouvernement près la chambre.

10) Directeur de cabinet du Préfet ou Sous-préfet d'arrondissement. Les postes dans l’administration préfectorale sont recrutés en détachement parmi les Administrateurs civils. Ce sont des postes territoriaux gérés par le ministère de l’Intérieur.

Fonctions et missions :

- Assister le Préfet : sous son autorité, veiller à l'application des textes législatifs et réglementaires et à la mise en oeuvre des directives du gouvernement.

- Représenter l’Etat : assurer la sécurité des personnes et des biens, développer le service public (accueil, délivrance de titres, développement des nouvelles technologies, etc.), assurer le respect de la légalité et de l’Etat de droit, agir pour l’intégration sociale et la lutte contre l’exclusion,

- Administrer le territoire et promouvoir son développement économique.

11) Conseiller au ministère des Affaires étrangères. Les 3 premières années de service au ministère des Affaires étrangères s’effectuent en administration centrale, à Paris ou à Nantes.

Fonctions et missions : participer aux fonctions diplomatiques, consulaires, et culturelles de l'Etat en administration centrale ou à l'étranger : rédaction politique, économique, culturelle et juridique, gestion administrative et financière d’un poste diplomatique, animation d’un service de coopération et d’action culturelle ou bien d’un service consulaire, management des hommes et négociation.

 

REPARTITION DES POSTES EN 2010

Pour exemple, et selon l'arrêté du Premier ministre du 29 septembre 2009, voici comment seront répartis les énarques qui finiront leur formation en 2010 :

- Auditeurs au Conseil d'Etat : 5 postes.

- Auditeurs à la Cour des comptes : 5 postes.

- Inspecteurs des finances : 5 postes.

- Inspecteurs de l'administration : 3 postes.

- Inspecteurs des affaires sociales : 4 postes.

- Conseillers de tribunaux administratifs et de cours administratives d'appel : 10 postes.

- Conseillers de chambres régionales des comptes : 3 postes.

- Conseillers des affaires étrangères : 3 postes.

- Administrateurs civils : 45 postes.

- Administrateurs de la ville de Paris : 3 postes.

 

APRES L'ENA

A la sortie de l'ENA, les anciens élèves de l’ENA accomplissent d’abord une période de 2 ans au moins au sein de l'administration dans laquelle ils ont été affectés.

Ensuite, les anciens élèves ont la possibilité d'accomplir la période minimale de 2 ans dite de « mobilité statutaire » leur permettant de choisir un autre poste ou d'expérimenter le monde de l'entreprise, celui des organisations internationales et institutions européennes. Cette mobilité est obligatoire. Elle peut être prolongée.

La rémunération des élèves à l’issue de la scolarité correspond  à leur reclassement dans les corps de métiers recrutés par la voie de l’ENA. Elle dépend du type de concours que l’élève a présenté à l’entrée et de sa rémunération avant d’intégrer l’Ecole. A titre indicatif, on peut signaler qu’un administrateur civil gagne 2413,29 euros bruts s’il est issu du concours externe, correspondant au premier échelon du grade ; 2413,29 euros bruts s’il est issu du concours interne, correspondant au premier échelon du grade (sauf si l’indice détenu dans le corps d’origine est supérieur) ; 3427,96 euros bruts s’il est issu du troisième concours, correspondant au 5ème échelon du grade avec une reprise d’ancienneté de 6 mois.

Ce montant correspond au traitement indiciaire ; il est assorti d'une prime généralement équivalente à 30 % du traitement.

13.11.2009

Première défaite

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C'est loupé. Malgré mes bonnes résolutions, un jour de congé (le 11 novembre), et mes capacités hors du commun (c'est bon, on peut rire, non ?), je n'ai pas réussi à terminer mon devoir de culture générale dans les temps. Trop de travail au travail, trop de problèmes urgents à régler.

Oui, je travaille, j'ai un boulot, quoi. Non content d'être provincial, et donc de me tirer en ceci une balle fort douloureuse dans le pied droit, je travaille, et je récidive par conséquent, sur le pied gauche cette fois. Pas fastoche pour se déplacer ensuite sur le chemin menant au sommet dont j'ai entrepris l'ascension il y a un mois aujourd'hui (joyeux moisiversaire à mon blog !)

Mais vous savez quoi ? Peu me chaut. Le lièvre et la tortue en sont un témoignage, qui peut le plus peut le moins, et tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute, donc j'ai toutes mes chances. En plus ne dit-on pas avec un soupçon de condescendance "travailler comme un pied" ? C'est bien la preuve que je n'en ai pas besoin pour réussir. Non mais.

Bon, cela suppose cependant qu'il me faille prendre des mesures afin que cela ne se reproduise pas. Tortue, soit, mais on va lui mettre des injecteurs de nitrométhane façon Fast and Furious sur les pattes arrières, à la tortue. Vin Diesel n'a qu'à bien se tenir.

05.11.2009

Rapport de jury 2008

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Les quelques remarques générales lues ici ou là tendent à prouver que de nombreuses maladresses commises à l'écrit comme à l'oral du troisième concours de l'ENA pourraient être évitées par une meilleure attention portée aux rapports des jurys antérieurs. Ils décrivent en effet, qui plus est souvent avec style et précision, les écueils à éviter et les directions indispensables.

Alors, comme on n'est jamais servi si bien que par soi-même, je me propose de synthétiser ici chaque mois un rapport de jury, en privilégiant cependant (personne n'est parfait) les points qui m'auront arbitrairement frappé. Commençons par le rapport 2008, présenté par Martine Lombard, professeure de droit à l'Université Paris Panthéon Assas.  

STATISTIQUES

Premier point plutôt encourageant, l'importance revêtue par la préparation IGPDE dans la réussite finale au troisième concours :

"27 sur 40 des élèves entrés à l’ENA à l’issue des concours interne et troisième 2008 ont bénéficié de la préparation assurée par l’IGDPE, soit dans ses locaux de Vincennes, soit par correspondance : 21 des 32 candidats reçus au concours interne, 6 des 8 candidats reçus au troisième concours." (p. 9)

Nettement moins drôle, la proportion des reçus dès leur premier essai - et donc celle par déduction de ceux qui ne réussissent le concours qu'au terme de plusieurs essais :

"Près de la moitié des candidats sont, pour chacun des trois concours, reçus dès leur première tentative : 19 candidats sur 40 au concours externe, 15 sur 32 au concours interne, 3 sur 8 pour le troisième concours." (p. 12)

Enfin, complètement décourageant, bien qu'attendu, la très faible proportion de reçus non franciliens :

"Une installation à Paris pendant quelques années reste un passage obligé pour accéder à l’ENA pour la très grande majorité de ses élèves. 14 candidats seulement sur les 80 reçus ont préparé le concours ailleurs que dans la région parisienne (13 dans les centres de préparation des IEP de province, sans oublier un candidat en poste en province et n’ayant suivi aucune préparation, encore ce dernier avait-il fait toutes ses études à Paris). 66 sur 80 des candidats admis à l’ENA en 2008 ont préparé le concours dans la région parisienne (Paris ou Vincennes) : 38 des 40 admis au concours externe, 22 des 32 candidats reçus au concours interne, 6 des 8 candidats reçus au troisième concours." (p. 13)

Martine Lombard souligne à ce propos une aberration stupéfiante : étant donné que les copies de l'écrit sont pratiquement toutes corrigées par des enseignants de Sciences Po Paris, il en devient forcément logique que les copies trouvant grâce à leurs yeux soient celles qui, parce que relevant d'élèves issus de cette même institution, se révèlent conformes aux modèles de composition qu'ils enseignent. Comme le relève Martine Lombard, ce n'est donc pas (seulement) que Sciences Po Paris prépare particulièrement bien au concours, mais plutôt et surtout que le concours soit taillé sur mesure pour les étudiants de Sciences Po Paris. Hourra. Camarades provinciaux, tenez-vous le pour dit : les lois de la centralisation ne nous laissent que le choix du sang, du travail, des larmes et de la sueur.

EPREUVES

Il est difficile de sélectionner des moments de cette partie, débutant pour le troisième concours à la page 41, tant tous les conseils et remarques formulés semblent cruciaux. Voici un patchwork des remarques les plus essentielles à mon sens :

Admissibilité : Droit Public

"L’introduction, qui doit être brève pour une telle note, peut se borner à rappeler le contenu de la commande et à annoncer le plan, avec éventuellement quelques éléments de contexte très succincts. La conclusion quant à elle n’est pas indispensable mais peut rappeler très brièvement au commanditaire l’option à privilégier. Certaines copies ont fait le choix de ne pas proposer de plan apparent. Si ce choix n’est pas en lui-même critiquable, il convient de rappeler qu’une note ne peut pas se résumer à un inventaire d’idées désordonnées. Un plan précis et cohérent, qu’il soit explicite ou implicite, doit sous-tendre la réflexion."

Admissibilité : Culture générale

"Certains candidats ont en revanche bien pris la mesure de l'exercice. Outre une exploitation correcte du dossier évitant la paraphrase, ces candidats se distinguent par leur lecture approfondie et parfois critique des documents. Les copies les mieux notées sont en effet celles qui ont su éviter le piège consistant à poser une problématique uniquement suggérée par les documents proposés. L’exercice ne consiste pas à illustrer par des connaissances les arguments contenus dans les textes proposés, mais à s’approprier le sujet pour en faire ressortir tout l’intérêt et le sens. L’exploitation des documents permet alors d'alimenter une réflexion personnelle nourrie d'exemples et de références dépassant le cadre national."

Admission : Questions internationales

"Le jury rappelle enfin que le programme en histoire des relations internationales commence en 1918, que la décolonisation est également au programme. Ainsi des connaissances sur les traités, sur la fin de l’empire Ottoman, ou encore une chronologie assez fine sur la décolonisation font partie du socle minimum culturel attendu pour le concours."

Admission : Union européenne

"Les interrogateurs ont souhaité également attirer l’attention des futurs candidats sur le second temps de l’oral, à savoir les questions: « il n’est pas rare en effet que cette seconde partie révèle la faible capacité des candidats à mener une discussion et à débattre, en particulier à être attentifs à l’existence de positions divergentes ». Or, cette capacité doit répondre aux « exigences attendues de futurs hauts fonctionnaires appelés à être en situation d’éclairer de manière neutre les décideurs ou de proposer des solutions pertinentes à la lumière des arguments en débat »."

Admission : Questions sociales

"L’impression qui s’est parfois dégagée est celle d’un apprentissage rapide de fiches de synthèse standard. De nombreux candidats ont été désarçonnés dès lors qu’il leur était proposé des réflexions transversales à plusieurs domaines ou sont trouvés démunis lorsque le jury proposait des analyses sur des questions un tant soit peu hors des sentiers battus."

Bon. Au vu de ces éléments, pour ceux qui en doutaient, il y a du boulot. Je ne sais lequel des deux sentiments qui m'étreignent, l'excitation face au défi d'un côté et la résignation face à un tel Everest intellectuel de l'autre, aura raison du déroulement des neuf mois à venir (tiens, une gestation ! Ce sera un bébé de l'automne).

Quoi qu'il en soit, dans l'immédiat, un devoir de culture générale (à renvoyer avant le 11 !) m'attend. Donc vous m'excuserez, mais je file.

Comment gérer et classer la masse des documents ?

classeur.jpg

Un petit point supplémentaire relatif à l'organisation du travail. Cela concerne la gestion des documents papier que génère la préparation. Dans mon cas, ils sont issus de quatre sources différentes :

  1. Les cédéroms IGPDE ;
  2. Les documents généraux trouvés sur le site de l'ENA ;
  3. Les documents issus de recherches personnelles (sur internet, principalement) ;
  4. Les fiches de lectures.

Après une réflexion sommaire et (déjà) empirique, il m'a semblé judicieux de commencer par travailler sur deux supports de classement principaux, à savoir deux classeurs (tranche 7 ou 8 cm) et leurs multiples intercalaires, consacrés aux vocations d'accueil suivantes :

  1. Documentation générale sur l'ENA et l'IGPDE ; méthodologie ; rapports de jury ; documentation issue de recherches personnelles ; fiches de méthode et de lecture ; devoirs IGPDE.
  2. Cours IGPDE, classés matière par matière ; travail périphérique aux cours.

Si un tel souci de précision dans le classement peut paraître exagéré, il est justifié à mes yeux à la fois par le triple souci que j'ai : 1) de ne plus perdre de temps à rechercher, harnaché comme un spéléologue, tel ou tel document noyé dans la masse de papier où il survit péniblement ; 2) de garder à mon travail tout au long de sa persévérance un caractère confortable, voire agréable ; 3) de garder la sensation de maîtriser autant que faire ce peut la teneur de ce travail, plutôt que la subir en permanence.

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Grand Oral de l'ena.jpgUn conseil de lecture : beaucoup connaissent déjà le livre de Guy Jacquemelle, Le Grand Oral de l'ENA, édité aux éditions du Mécène. Même s'il s'agit de récits d'oraux du concours externe, et non du troisième concours, ils n'en restent pas moins éclairants sur l'esprit de l'oral, sur les attentes du jury et sur les difficultés que peut ressentir puis dépasser un candidat alors sur le grill. Je le lis pour ma part petits bouts par petits bouts, en commençant par les récits de personnalités que je connais et estime.

 

04.11.2009

Comment planifier l'année ?

calendrier 2010.jpg

LES PILIERS

Les "conseils généraux" proposés dans le premier cédérom de l'IGPDE recensent quatre "piliers" sur lesquels tout candidat au troisième concours de l'ENA se doit de poser la charpente de ses ambitions :

  1. le travail
  2. l'organisation
  3. les facultés personnelles
  4. la chance

Le travail : c'est j'imagine au jour le jour que tout candidat doit faire ses preuves, en venant à bout de la tâche qu'il s'est fixé. L'intelligence consiste donc non seulement à jauger avec justesse l'ampleur de cette tâche, mais aussi à maximiser le temps consacré au travail (hygiène de vie, sport, disponibilité d'esprit), ainsi qu'à fixer un programme de travail qui soit adapté au candidat (profil intellectuel et somme de connaissances initiales).

L'organisation : c'est à mon avis le fer de lance de l'année, en ce sens que sans une bonne organisation, tout candidat préparant le concours en solo s'expose à se retrouver fort dépourvu le jour du concours malgré la fatigue d'une préparation intensive (en apparence). L'organisation est par ailleurs couplée pour moi au pilier "chance" : en s'organisant bien, le candidat augmente la probabilité de tomber le jour du concours sur un sujet qu'il a abordé, ou encore celle d'être sûr de lui à l'oral. Le pire sentiment est celui de travailler comme un dératé sans obtenir la satisfaction d'un travail efficace.

Les facultés personnelles : tout travail repose sur elles, et vise pourtant à les développer. C'est ce jeu qui a tout le charme d'un cercle vertueux qu'il faut parvenir à maîtriser, et ce avec l'équilibre soutenu que suppose la régularité arrondie du cercle.

La chance : j'avoue ne pas y croire trop, en tout cas pas en tant que force anonyme d'aléa. Cultivons la cependant en consolidant les trois autres piliers.

LES REPERES TEMPORELS

Dans la préparation proposée par l'IGPDE, l'année est rythmée par plusieurs types d'événements pédagogiques, auxquels il devient évident de se référer comme autant de paliers intellectuels dans le cadre de l'ascension qui nous occupe. Quatre sortes d'événements sont à souligner :

  1. les fascicules (ou cédéroms, pour ce qui me concerne), envoyés au rythme d'un par mois environ,
  2. les devoirs "à la maison" à envoyer à la correction, proposés dans les fascicules / cédéroms ;
  3. les galops d'essai, organisés les vendredis de janvier à juin au siège de l'IGPDE ;
  4. deux concours blancs, chacun d'une durée d'une semaine, organisés en février et en avril.

Les galops d'essai et les concours blancs ayant lieu au siège de l'IGPDE, il va sans dire que les candidats habitant la région parisienne sont privilégiés quant à l'accessibilité de ces entraînements : prendre le métro, le RER ou le Vélib' restera toujours plus simple, tant d'un point de vue pratique que financier, que de sacrifier plusieurs jours de congés, réserver un TGV, payer l'hôtel et le restaurant.

En retour, les provinciaux - s'ils sont un peu hargneux, suivez mon regard jusqu'à mon miroir - peuvent en retirer une motivation accrue et une détermination supplémentaire à hisser la méritocratie à la hauteur que lui refusent les circonstances, en réussissant coûte que coûte le concours par exemple. Il s'agit là d'un dopage 100 % naturel, 100 % légal, et 100 % efficace (à condition qu'il reste constructif, et ne tombe pas dans l'amertume et le pathos). Et s'il n'est pas systématiquement possible de participer à ces entraînements, ils figureront toutefois un objectif appréciable, celui par exemple d'être en mesure de faire face aux épreuves proposées en temps et en heure.   

GESTION DU TEMPS ADOPTEE

Au vu du caractère primordial que revêt pour moi la préparation de l'IGPDE, il me paraît impossible de ne pas la mettre au centre de ma préparation. Pour autant, les lectures annexes me seront aussi indispensables si je veux structurer solidement la charpente des connaissances que l'on attendra de moi le jour du concours. Afin donc de faire face conjointement à ces deux exigences, voici le mode de travail que je préconise (sous réserve constante d'adaptation pragmatique, bien entendu !) :

  1. Jour J : réception du cédérom
  2. Jusqu'à J + 2 : lecture, relecture et classement des documents
  3. De J + 2 à J + 15 : approfondissement des cours, exercices
  4. De J + 15 à Jour J suivant : lectures complémentaires, travail bibliographique et fiches de lectures

La prochaine subtilité à laquelle je devrai faire face sera celle du classement des documents présents sur le cédérom, conjugués à ceux que je rassemblerai moi-même : l'accessibilité de ces documents sera un défi singulier au fur et à mesure qu'ils s'entasseront.

27.10.2009

IGPDE, CD 1

IGPDE.jpg

J'ai reçu en fin de semaine dernière le premier CD de la préparation à distance de l'IGPDE au troisième concours. Ce fut une double bonne surprise, déjà parce que je ne l'attendais pas si tôt, ensuite parce que la préparation telle qu'elle est présentée est limpide de clarté et de pragmatisme - ce dernier point n'étant pas le moindre dans le cadre du troisième concours. La préparation par cdrom coûtait cette année 375 €, contre 1200 € pour une préparation similaire sur fascicules papier.

J'ai par ailleurs reçu aujourd'hui le mail de l'IGPDE m'expliquant les modalités d'accès à mon espace personnel sur le portail de la formation. Via le portail, tout candidat (inscrit) a accès à des documents comme les annales du concours, les rapports de jury, certains cours, le forum, ou encore le calendrier d'envoi des cd :

  1. 26/10/2009
  2. 30/11/2009
  3. 07/01/2010
  4. 05/02/2010
  5. 10/03/2010
  6. 10/04/2010
  7. 07/05/2010
  8. 11/06/2010
  9. 09/2010 (oral)

Sans avoir complètement dépouillé le CD 1, j'en ai assez lu pour savoir que la préparation (y compris bibliographique) telle que je l'avais envisagée jusqu'alors demande à intégrer les informations qu'il comporte, notamment les conseils de préparation. Avant donc de poursuivre sur la voie audacieuse que je me proposais, c'est ce travail d'organisation et de méthode qui m'attend. Je m'efforcerai bien sûr d'en livrer ici les conclusions qu'il amènera.

22.10.2009

Premiers travaux bibliographiques

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Du fait de la nature des différentes disciplines proposées au concours, il me paraît logique d'en aborder la préparation dans un souci de particularisation des problématiques - c'est à dire en partant d'une vue large de l'histoire du monde et de l'Europe pour ensuite se diriger vers une étude plus spécifique des différentes notions qui s'y rattachent ou qui en découlent.

Voici donc la première série de lectures que j'entreprends, dans cet ordre :

  1. René Rémond, Introduction à l'histoire de notre temps : L'Ancien régime et la révolution : 1750-1815
  2. René Rémond, Introduction à l'histoire de notre temps : Le XIXème siècle : 1815-1914
  3. René Rémond, Introduction à l'histoire de notre temps : Le XXème siècle : de 1914 à nos jours
  4. Hanna Arendt, Qu'est ce que la politique ?
  5. Max Weber, Le savant et le politique
  6. Pierre Manent, Histoire intellectuelle du libéralisme : 10 leçons
  7. Jacques Généreux, Introduction à l'économie
  8. Jacques Généreux, Économie Politique : Tome 1. Concepts de base et comptabilité nationale
  9. Jacques Généreux, Économie Politique : Tome 2. Microéconomie
  10. Jacques Généreux, Économie Politique : Tome 3. Macroéconomie

J'adapterai au fur et à mesure à mon travail la structure de mes fiches de notes. Dans l'immédiat, voici la façon dont pourrait s'organiser mes fiches pour chacun de ces ouvrages :

  1. Titre, nom de l'auteur, année de parution 
  2. Courte biographie de l'auteur.
  3. Plan de l'ouvrage (sommaire ou table des matières)
  4. Dates et citations remarquables ou charnières
  5. Remarques et analyses

Objectif pour la fin de cette série de lectures :  Fin décembre.

20.10.2009

Admissibilité et admission : les épreuves

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L'admissibilité comporte 5 épreuves, chacune dotée d'un coefficient 3 :

  1. Droit public
  2. Economie
  3. Culture générale
  4. Union européenne ou Questions sociales
  5. Sociologie des organisations ou Gestion des entreprises ou Gestion des collectivités territoriales et de leurs établissements publics ou Relations sociales

L'admission comporte 5 épreuves, dont une facultative :

  1. Questions internationales, coef. 3
  2. Questions européennes ou Questions sociales (en fonction du choix 4 de l'admissibilité), coef. 3
  3. Langue vivante étrangère, coef. 3
  4. Entretien avec le jury, coef. 6
  5. Sport (facultatif), coef. 1

Pour l'épreuve sportive, seuls les points au-dessus de la moyenne sont pris en compte. Cinq épreuves sont proposées, et le candidat doit en choisir trois (au moment de l'inscription) sur lesquelles il sera évalué :

  • Course de vitesse (100 m)
  • Lancer du poids
  • Saut en hauteur
  • Demi-fond (1500 m)
  • Natation

Les modalités d'évaluations sont disponibles ici, et les barêmes de notation ici.

Pour chacune des épreuves d'admissibilité et des d'admission, l'ENA propose une bibliographie.

13.10.2009

C'est parti !

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Me voilà au pied de la montagne ENA. Je n'ai pas le choix du versant : du fait de mon parcours jusqu'à ce jour, c'est par le troisième concours que je me hisserai jusqu'à la porte de l'imposante institution.

Pourquoi un blog ?

L'écriture de ce blog présente à mes yeux plusieurs avantages, dont le principal reste de me donner l'occasion de mettre régulièrement de l'ordre dans mon organisation personnelle, et donc de gagner en efficacité et en motivation.

Quel est le pourcentage d'admis au troisième concours ?

Le troisième concours de l'ENA a bénéficié d'un pourcentage d'admis relativement constant ces dernières années :

  • En 2007 : 128 inscrits, 85 présents à la 1ère épreuve, 8 admis.
  • En 2008 : 99 inscrits, 70 présents à la 1ère épreuve, 19 admissibles, 8 admis.
  • En 2009 : 115 inscrits, 76 présents à la 1ère épreuve, 18 admissibles, 8 admis.

On peut donc considérer que plus ou moins 10% des candidats présents aux épreuves sont admis.

Sur quel calendrier puis-je me baser pour organiser mon travail ?

D'après le calendrier prévisionnel de l'ENA, en 2009 :

  • Les inscriptions au troisième concours se sont déroulées de mars à mai.
  • Epreuves d'admissibilité : 31 août au 4 septembre 2009 (Résultats : 13 octobre 2009)
  • Epreuves d'admission : 19 au 26 octobre 2009
  • Epreuves sportives : 17 novembre 2009
  • Résultats : semaine du 7 au 11 décembre 2009

En ce 13 octobre, je suis donc approximativement à S - 46.  

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