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Que faire après l'ENA ?

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Parmi les reproches qui reviennent souvent dans les rapports de jury du troisième concours se trouve celui relatif au projet professionnel du candidat : quand on l'interroge au cours de l'entretien d'admission sur la teneur exacte de son projet d'énarque potentiel, celui-ci reste souvent évasif, ou se limite à préciser qu'il veut changer d'orientation, de vie, de travail, sans être capable d'expliquer en détail ce qui l'attire dans les métiers que permet d'exercer l'ENA.

L'explication d'un tel constat est simple : comme il s'agit d'un écueil très facilement dépassable, il est pour cela trop souvent méprisé. Certains craignent peut être aussi d'anticiper sur une issue trop optimiste du concours d'entrée. Pour ma part, j'ai un fonctionnement psychologique personnel qui me pousse au contraire à me projeter dans ce genre de problématique afin d'y trouver une motivation supplémentaire. Le risque, c'est d'être encore plus déçu en cas d'échec, mais il est de toute manière conseillé de garder la tête froide à ce sujet lorsqu'on s'attaque à un tel concours. D'où le titre de ce blog d'ailleurs, qui pour cette raison ne s'est jamais appelé "la joyeuse glissade ludique vers l'ENA".

Donc, voici une présentation sommaire des métiers qui s'offrent aux titulaires d'un diplôme de l'ENA. Je me suis inspiré pour ce faire du site de l'ENA, qui propose ici le détail de ce que vous trouverez ci-dessous.

 

LES METIERS

Il est possible de regrouper les métiers et carrières offerts à la sortie de l'ENA sous 11 catégories différentes :

  1. Administrateur civil dans un ministère.
  2. Administrateur de la ville de Paris.
  3. Inspecteur adjoint à l'Inspection générale des Finances (IGF). 
  4. Inspecteur adjoint à l'Inspection générale de l'administration (IGA). 
  5. Inspecteur adjoint à l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS). 
  6. Auditeur au Conseil d'Etat. 
  7. Conseiller de Tribunal administratif et de Cour administrative d'appel. 
  8. Auditeur à la Cour des Comptes. 
  9. Conseiller de Chambre régionale des comptes. 
  10. Directeur de cabinet du Préfet ou Sous-préfet d'arrondissement.

  11. Conseiller au ministère des Affaires étrangères.

1) Administrateur civil dans un ministère. Le corps des administrateurs civils est un corps interministériel. Il représente la majorité des postes offerts à la sortie de l'ENA dans les ministères de l'Economie, des finances et de l'industrie ; de l'Education nationale de l'enseignement supérieur et de la recherche ; de l'intérieur et de l'aménagement du territoire ; de l'emploi, de la cohésion sociale et du logement ; de la santé et des solidarités ; de la justice ; de la défense ; des transports, de l'équipement, du tourisme et de la mer ; de la culture et de la communication ; ainsi qu'au secrétariat général du gouvernement.

Fonctions et missions : concevoir, mettre en oeuvre, et évaluer les politiques publiques dans les différents ministères et les établissements publics administratifs. Animer des équipes, assurer la cohérence des actions, assurer des fonctions de représentation.

2) Administrateur de la ville de Paris. Ce corps constitue le corps d'encadrement de la Ville de Paris.

Mission : mettre en oeuvre les décisions municipales, préparer les projets de textes et d'instructions. Occasionnellement, coordonner des travaux et diriger le personnel.

3) Inspecteur adjoint à l'Inspection générale des Finances (IGF). (pas de précision apportée sur le site)

4) Inspecteur adjoint à l'Inspection générale de l'administration (IGA). L’Inspection générale de l’administration exerce « une mission générale de contrôle, d’audit, d’étude et de conseil à l’égard des services centraux et déconcentrés du ministère de l’intérieur ». Ce contrôle s’étend « à tous les personnels, services, établissements, institutions et organismes sur lesquels les préfets exercent leur contrôle ». L’Inspection générale de l’administration assure également des missions d’évaluation des politiques publiques, de formation et de coopération internationale.

Fonctions et missions : dès son arrivée l’inspecteur adjoint participe à l’ensemble des activités du service et plus spécialement :

- aux missions de contrôle, d’audit, d’évaluation et d’appui aux politiques publiques ;

- à des groupes de travail pouvant avoir un caractère permanent et résultant de la mise en œuvre de préconisations faites dans les rapports de l’IGA ;

- à des commissions, en tant que rapporteur : comité interministériel d’audit des programmes de la LOLF, commission supérieure des jeux, commission d’accès aux documents administratifs, commission des marchés publics de l’Etat, commission interministérielle de coordination des fonds structurels européens...

Le mode de travail le plus fréquent pour un inspecteur adjoint est la mission d’équipe dirigée par un inspecteur général rassemblant sur un sujet donné des compétences variées et complémentaires.

Les missions menées par l’IGA sont très variées. Si une bonne part des travaux se déroule en région parisienne, les déplacements en métropole, outre-mer et à l’étranger peuvent constituer une part importante d’une mission.

5) Inspecteur adjoint à l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS). L'inspection générale des affaires sociales (IGAS) créée en 1967 est la plus jeune des trois inspections générales interministérielles. Aux missions traditionnelles de contrôle s'ajoutent des missions d'audit, d'enquête et d'appui et d'évaluation des politiques publiques, missions internationales (missions d’administration comparée...).

Fonctions et missions :  contrôler le fonctionnement des organismes relevant des administrations sociales de l'Etat, évaluer les politiques publiques du champ social, telles la santé, l’emploi, la protection sociale, la formation professionnelle, la politique de la ville…. Les inspecteurs s'efforcent, dans le cadre de contrôle, d'enquêtes ou d'évaluation d'éclairer le Gouvernement sur la régularité et l'efficacité de la gestion publique et de proposerdiverses améliorations de la qualité de l'action des services.

6) Auditeur au Conseil d'Etat. Fonctions et missions : Les auditeurs de 2ème classe au Conseil d’Etat se voient confier des fonctions de rapporteurs au sein de la section du contentieux. Ils participent aux séances d’instruction et de jugement et rédigent, pour chaque dossier, une note et un projet de décision. Le nombre de dossiers à traiter est d’environ 80 par an.

Les auditeurs peuvent se voir confier des missions d’études ou des fonctions de rapporteurs auprès de différents organismes ou administrations. 

Pendant 2 ans les nouveaux auditeurs sont affectés dans une juridiction administrative spécialisée, comme par exemple la commission centrale d’aide sociale. Au bout de 3 ans, en qualité de rapporteur, ils examinent les projets de loi et de décrets soumis pour avis par le Gouvernement. Ils sont chargés d’identifier les difficultés juridiques qui sont susceptibles de se poser, de proposer une rédaction du projet et de le défendre devant la section administrative ou l’assemblée générale du Conseil d’Etat. Ils peuvent être nommés, le cas échéant, dans les fonctions de secrétaire général adjoint, chargé de la gestion du Conseil d’Etat, ou de commissaire du gouvernement. 

7) Conseiller de Tribunal administratif et de Cour administrative d'appel.

Fonctions et missions : les conseillers de tribunal administratif et de cour administrative d’appel traitent des litiges qui peuvent naître entre l’administration et les administrés. Ils sont appelés à exercer les fonctions suivantes en région parisienne et en province.

- soit conseiller-rapporteur : il instruit en totalité l’affaire, rédige le jugement, expose aux membres du tribunal les circonstances de fait et de droit ;

- soit commissaire du Gouvernement : il fait connaître au tribunal, en toute indépendance, son sentiment sur le sens de la décision à prendre et sur l’interprétation à donner à la règle de droit.

Les conseillers de tribunal administratif et de cour administrative d’appel peuvent être appelés à rendre leur avis sur les questions qui leur sont soumises par les préfets des départements du ressort du tribunal et à assurer des missions déterminées. Ils président ou participent à de nombreuses commissions administratives (commission départementale des impôts directs, de recensement de scrutins électoraux…).

8) Auditeur à la Cour des Comptes.

Fonctions et missions : la mission centrale de la Cour des comptes est d’assurer la transparence de l’emploi des deniers publics, en éclairant le Parlement, le Gouvernement et les citoyens.

Les auditeurs ont à connaître des différents types de contrôles qui font la spécificité de la Cour des comptes : contrôle de la gestion, contrôle des entreprises publiques, contrôle juridictionnel.

A sa nomination, chaque auditeur se voit désigner un mentor qui lui apporte son expérience pour mener à bien ses premiers contrôles. Dans l'exercice de sa mission de contrôle, il dispose d'une large autonomie tant au cours de l'instruction que pour la rédaction de son rapport de conclusions. Le travail est organisé en application des principes de collégialité et de contradiction, pour permettre d'écarter les erreurs de droit, de fait ou d'appréciation dans les documents que la Cour des comptes transmet aux autorités compétentes.

Aux côtés des fonctions de rapporteur, les magistrats ont la possibilité, au cours de leur carrière, d'exercer des fonctions d'avocat général au sein du Parquet près la Cour des comptes ou des fonctions de gestion au sein du secrétariat général de la Cour.

9) Conseiller de Chambre régionale des comptes.

Fonctions et missions : les conseillers de chambre régionale des comptes participent au jugement des comptes des communes, des départements et des régions et de leurs établissements publics locaux. Ils examinent la gestion de ces collectivités et établissements ainsi que celle des sociétés d’économie mixte et des organismes bénéficiant d’apports financiers des collectivités et établissements publics entrant dans leur champ de compétence. Ils participent au contrôle des actes budgétaires des collectivités et établissements publics locaux.

Au cours de leur carrière, les magistrats peuvent être amenés à exercer, au sein du Ministère public, les fonctions de Commissaire du gouvernement près la chambre.

10) Directeur de cabinet du Préfet ou Sous-préfet d'arrondissement. Les postes dans l’administration préfectorale sont recrutés en détachement parmi les Administrateurs civils. Ce sont des postes territoriaux gérés par le ministère de l’Intérieur.

Fonctions et missions :

- Assister le Préfet : sous son autorité, veiller à l'application des textes législatifs et réglementaires et à la mise en oeuvre des directives du gouvernement.

- Représenter l’Etat : assurer la sécurité des personnes et des biens, développer le service public (accueil, délivrance de titres, développement des nouvelles technologies, etc.), assurer le respect de la légalité et de l’Etat de droit, agir pour l’intégration sociale et la lutte contre l’exclusion,

- Administrer le territoire et promouvoir son développement économique.

11) Conseiller au ministère des Affaires étrangères. Les 3 premières années de service au ministère des Affaires étrangères s’effectuent en administration centrale, à Paris ou à Nantes.

Fonctions et missions : participer aux fonctions diplomatiques, consulaires, et culturelles de l'Etat en administration centrale ou à l'étranger : rédaction politique, économique, culturelle et juridique, gestion administrative et financière d’un poste diplomatique, animation d’un service de coopération et d’action culturelle ou bien d’un service consulaire, management des hommes et négociation.

 

REPARTITION DES POSTES EN 2010

Pour exemple, et selon l'arrêté du Premier ministre du 29 septembre 2009, voici comment seront répartis les énarques qui finiront leur formation en 2010 :

- Auditeurs au Conseil d'Etat : 5 postes.

- Auditeurs à la Cour des comptes : 5 postes.

- Inspecteurs des finances : 5 postes.

- Inspecteurs de l'administration : 3 postes.

- Inspecteurs des affaires sociales : 4 postes.

- Conseillers de tribunaux administratifs et de cours administratives d'appel : 10 postes.

- Conseillers de chambres régionales des comptes : 3 postes.

- Conseillers des affaires étrangères : 3 postes.

- Administrateurs civils : 45 postes.

- Administrateurs de la ville de Paris : 3 postes.

 

APRES L'ENA

A la sortie de l'ENA, les anciens élèves de l’ENA accomplissent d’abord une période de 2 ans au moins au sein de l'administration dans laquelle ils ont été affectés.

Ensuite, les anciens élèves ont la possibilité d'accomplir la période minimale de 2 ans dite de « mobilité statutaire » leur permettant de choisir un autre poste ou d'expérimenter le monde de l'entreprise, celui des organisations internationales et institutions européennes. Cette mobilité est obligatoire. Elle peut être prolongée.

La rémunération des élèves à l’issue de la scolarité correspond  à leur reclassement dans les corps de métiers recrutés par la voie de l’ENA. Elle dépend du type de concours que l’élève a présenté à l’entrée et de sa rémunération avant d’intégrer l’Ecole. A titre indicatif, on peut signaler qu’un administrateur civil gagne 2413,29 euros bruts s’il est issu du concours externe, correspondant au premier échelon du grade ; 2413,29 euros bruts s’il est issu du concours interne, correspondant au premier échelon du grade (sauf si l’indice détenu dans le corps d’origine est supérieur) ; 3427,96 euros bruts s’il est issu du troisième concours, correspondant au 5ème échelon du grade avec une reprise d’ancienneté de 6 mois.

Ce montant correspond au traitement indiciaire ; il est assorti d'une prime généralement équivalente à 30 % du traitement.

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